BIM up : trois initiatives à distinguer avant de choisir son accompagnement

BIM up : trois initiatives à distinguer avant de choisir son accompagnement

La recherche « bim up » renvoie à plusieurs démarches distinctes : le projet collaboratif BIM-UP de Fribourg, l’offre BIMup de GRAITEC et le projet BIMup de Buildwise. Leur point commun est de faciliter l’adoption du BIM dans la construction. Leur rôle diffère toutefois : diagnostic de maturité, accompagnement opérationnel ou ressources sectorielles. Identifier le bon interlocuteur évite de confondre un projet de recherche avec une prestation de formation.

BIM-UP, GRAITEC, Buildwise : qui fait quoi ?

BIMup ne désigne ni un logiciel unique ni une certification commune. Ce nom est employé par plusieurs acteurs autour de la transformation numérique du bâtiment. Le BIM, pour Building Information Modeling, associe des représentations numériques du bâtiment à des informations structurées et à des méthodes de collaboration. Il ne se limite donc pas à produire une maquette 3D.

Testez vos connaissances sur BIMup et la maturité BIM

Répondez aux six questions, puis validez vos réponses pour découvrir votre score et les explications.

0 réponse sur 6 Score : non calculé

InitiativePositionnementBesoin auquel elle répond
BIM-UP à FribourgProjet collaboratif réunissant 12 partenaires du cantonÉvaluer la maturité BIM et définir des moyens de progression
BIMup de GRAITECOffre d’accompagnement des entreprisesDéployer des outils, former les équipes et structurer les pratiques
BIMup de BuildwiseProjet d’adoption étendue de la construction digitaleFaciliter l’intégration du BIM grâce à des méthodes et ressources pratiques

Le projet fribourgeois : diagnostiquer et soutenir la progression

Présenté notamment par le Smart Living Lab, BIM-UP fédère 12 partenaires localisés dans le canton de Fribourg. Son objectif est double : apprécier le niveau de maturité BIM des entreprises et favoriser leur progression vers des cibles définies. La dimension collaborative associe les mondes professionnel, académique et institutionnel. Pour retrouver les travaux et partenaires concernés, il faut rechercher explicitement le projet fribourgeois, plutôt qu’une offre commerciale portant un nom proche.

Deux autres portes d’entrée selon le besoin

GRAITEC s’adresse aux organisations qui souhaitent être accompagnées dans leur déploiement BIM, avec des formations, du conseil et du BIM management. Buildwise vise une adoption plus large de la construction digitale, en s’appuyant notamment sur des cas d’utilisation génériques, des documents types et des démarches progressives. Ces approches concernent les maîtres d’ouvrage, architectes, bureaux d’études, bureaux techniques et entreprises de construction, avec des attentes différentes selon leur rôle.

Évaluer la maturité BIM sans la confondre avec la maîtrise d’un logiciel

Une entreprise peut savoir modéliser un bâtiment tout en rencontrant des difficultés pour partager les fichiers, fiabiliser les données ou organiser les validations. La maturité BIM mesure une capacité collective à travailler avec l’information, pas seulement l’habileté de quelques utilisateurs. Le diagnostic doit donc examiner les pratiques réelles, au-delà des licences installées et des formations suivies.

BIM up : infographie comparant les initiatives BIM-UP de Fribourg, BIMup de GRAITEC et BIMup de Buildwise
BIM up : infographie comparant les initiatives BIM-UP de Fribourg, BIMup de GRAITEC et BIMup de Buildwise

Pour préparer cet état des lieux, plusieurs questions permettent de rendre les écarts visibles :

  • Usages : quels besoins le BIM sert-il réellement : coordination, quantités, calcul ou simulation ?
  • Compétences : qui sait produire, contrôler et exploiter les informations ?
  • Organisation : les responsabilités et les étapes de validation sont-elles explicites ?
  • Données : les conventions de nommage, propriétés et versions sont-elles cohérentes ?
  • Échanges : les partenaires peuvent-ils exploiter les livrables sans ressaisie systématique ?

Le niveau cible doit ensuite correspondre aux marchés visés et aux exigences des projets. Un bureau d’études chargé de coordonner plusieurs disciplines n’a pas les mêmes priorités qu’une entreprise qui commence à consulter des maquettes. Mieux vaut définir une capacité vérifiable — transmettre un modèle contrôlé, par exemple — qu’annoncer un « niveau BIM » sans préciser le référentiel utilisé.

Le diagnostic peut aussi jouer un rôle de vigie : observer les endroits où l’information perd sa fiabilité avant que le problème n’atteigne le chantier. Une quantité recopiée manuellement, une validation transmise uniquement par courriel ou un fichier sans statut clair constituent des signaux d’alerte. Cartographier ces points de rupture aide souvent davantage que d’ajouter immédiatement un nouvel outil.

Les cinq piliers de GRAITEC : du logiciel à la collaboration

L’initiative BIMup de GRAITEC repose sur 5 piliers complémentaires. Leur intérêt est de traiter ensemble la technologie, les compétences et l’organisation : acheter une solution sans adapter les processus laisse une partie du problème intacte.

  1. La technologie BIM : préparer la mise en œuvre, planifier les étapes, valider les choix et accompagner leur exécution.
  2. La formation : développer les connaissances BIM générales et les compétences sur les logiciels Autodesk AEC et GRAITEC, notamment pour la modélisation, le calcul ou la simulation.
  3. Le BIM management : configurer les projets, organiser la coordination interdisciplinaire, mener des audits et structurer la documentation.
  4. Les normes et processus : établir des manuels, modèles, techniques de modélisation et workflows reproductibles.
  5. La collaboration : organiser les échanges et articuler les systèmes documentaires internes avec les environnements de données communs.

GRAITEC indique délivrer plus de 3000 sessions de formations chaque année. Ce volume ne dispense pas de vérifier le programme adapté à son équipe. Un modeleur débutant, un coordinateur BIM et un responsable de déploiement n’ont besoin ni des mêmes exercices ni des mêmes acquis.

Un environnement de données commun, appelé CDE ou EDC, mérite notamment une attention spécifique. Il ne s’agit pas uniquement d’un espace de stockage : son utilité dépend des droits d’accès, des statuts documentaires, des circuits de validation et de la gestion des versions. Ces règles doivent être comprises par tous les contributeurs.

Passer des ressources BIMup à un premier déploiement utile

Les cas d’utilisation génériques et documents types, notamment mis en avant par Buildwise, permettent de ne pas repartir de zéro. Ils restent toutefois des supports à adapter. Un modèle de document n’a de valeur opérationnelle que s’il décrit les responsabilités, échanges et livrables du projet concerné.

Choisir un cas d’usage et préparer ses livrables

Pour un premier déploiement, mieux vaut retenir un usage limité mais concret : coordonner les réseaux techniques, exploiter des quantités ou contrôler des informations attendues. Précisez ensuite les données nécessaires, leur producteur, leur destinataire et le moment où elles doivent être validées. Cette démarche relie la maquette à une décision réelle, plutôt qu’à une simple démonstration technique.

Une feuille de route peut alors réunir un diagnostic initial, un objectif observable, un programme de formation, des règles de production et un bilan du projet pilote. Les documents utiles comprennent notamment une convention BIM, une matrice des responsabilités, des consignes de nommage et une procédure de contrôle. Il faut vérifier lesquels sont effectivement proposés par l’initiative ou le prestataire retenu.

Choisir l’accompagnement sur des engagements vérifiables

Avant de solliciter une prestation, demandez quels livrables seront remis, qui accompagnera les équipes et comment les acquis seront évalués. Vérifiez également les logiciels concernés, les échanges de formats et les conditions d’accès aux ressources. Un projet collaboratif ne donne pas automatiquement accès à un accompagnement individuel.

Enfin, définissez vos indicateurs avant le démarrage : temps consacré aux reprises, anomalies détectées avant diffusion ou part des livrables acceptés sans correction. Les bénéfices attendus du BIM — meilleure coordination, information plus fiable et processus mieux intégrés — doivent être observés sur vos opérations. Le bon choix n’est pas le dispositif le plus large, mais celui qui réduit un écart clairement identifié.

À lire aussi

Bâtiment industriel : le prix du kit n’est pas le budget du projet · Projets architecturaux : six réalisations où la forme répond à un vrai défi · Certification BREEAM : cinq niveaux, une démarche à préparer dès la conception · Architecture de Collection : l’agence qui sélectionne les maisons d’architectes pour leur valeur patrimoniale